EGALIM, source de croissance pour les professionnels 3D ?

Élaborée à la suite des Etats généraux de l’alimentation, la loi EGALIM « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » a été adoptée en octobre 2018 (loi n°2018-938 du 30 octobre 2018). Trois dispositions spécifiques visent à réguler l’utilisation de certains produits biocides. Ces dispositions impactent le marché à la fois amateur et professionnel. Malgré ces contraintes, l’un des effets probables est que les prestataires de service voient leur clientèle de particuliers se développer.

Rappel
Les TP 18 sont des insecticides.
Les TP14 sont des rodonticides.
Les TP2 et TP 4 sont des désinfectants.

Mention de danger
H400 => Très toxique pour les organismes aquatiques
H410 => Très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme

 

Loi EGALIM : trois dispositions qui modifient fondamentalement le marché des biocides

// L’interdiction des 3R 

Depuis le 1er octobre 2019, les rabais, remises et ristournes sont interdits sur les produits professionnels et grand public classés TP14 et les TP18 (décret 2019-642 du 26/06). Cette disposition impose donc de fait un tarif unique pour un même produit.

// La publicité 

Toute publicité commerciale est interdite pour les produits biocides TP14, TP18, et TP2 classés H400 et/ou H410 ou TP4 classés H400 et/ou H410. La publicité à destination des professionnels reste possible selon certaines modalités : ajout de phrases spécifiques, dans les points de distribution et publications destinés aux professionnels (décret 2019-643 du 26/06).

// Interdiction de vente en libre-service

Certains produits du marché amateur ne seront bientôt plus en vente libre. Le décret 2019-1052 du 14 octobre 2019 détermine les catégories de biocides concernées par cette interdiction. Le Ministère de l’écologie fixera la liste définitive par arrêté lorsque l’Anses aura rendu son avis. Le délai annoncé pour cet avis était initialement de 8 mois, mais il semble être désormais attendu pour septembre 2020. 

En outre, l'article 76 de la loi EGALIM indique que pour vendre des produits biocides à des utilisateurs non professionnels, les distributeurs doivent fournir des informations générales sur les risques pour la santé humaine et l’environnement liés à leur utilisation (dangers, exposition, conditions de stockage, consignes à respecter…). Ils doivent également informer sur les solutions de substitution présentant un « faible risque ».


Pour quels résultats ?

Le distributeur va-t-il scier la branche sur laquelle il est assis ? En effet pourquoi stocker des produits qu’il doit dissuader sa clientèle d’acheter, en quelque sorte ?

Avec cette mesure, doublée des deux autres interdictions précitées, il est à craindre qu’un certain nombre d’enseignes cessent de proposer des solutions de lutte contre les nuisibles. Et face à ce qui pourrait être perçu comme une « pénurie », comment les utilisateurs amateurs vont-ils se comporter ? Une partie des internautes s’échangent déjà des recettes de produits « maison », au risque d’aggraver les problèmes de toxicité ou d’infestation…

Même s’il est compliqué à estimer, le particulier joue un rôle dans la régulation des populations de nuisibles grâce aux produits amateurs disponibles actuellement sur le marché. Avec un accès difficile à ces produits, la demande pour des interventions professionnelles va donc probablement augmenter.

 

Une opportunité pour les professionnels 

Près de la moitié des prestataires de service ont actuellement des particuliers pour clients (Données transmises par Liphatech lors des Matinales® à la suite d’un sondage). Une part importante d’entre eux estiment que la mise sous clé des produits amateurs constitue une opportunité commerciale. 

Ils sont donc en attente de produits performants et à faible toxicité, qu’ils pourront utiliser chez les particuliers. En effet, il y a parmi cette clientèle une réelle demande pour des alternatives vertes aux produits synthétiques, ayant un moindre impact environnemental. Les exigences n’en sont pas pour autant revues à la baisse et le particulier veut aussi un produit efficace, d’action rapide et rémanente, qui lui permette de réutiliser au plus vite son espace de vie. Harmonix® Bed Bug a ce profil par exemple, et le produit connait déjà un réel succès.

Si le marché amateur représente une opportunité, il faut distinguer le client particulier du client professionnel (hôtelier, restaurateur, etc.). Le démarchage commercial est différent, la communication également. Par conséquent, de nouvelles modalités d’accompagnement pourraient bien voir le jour pour que les prestataires adaptent leurs actions marketing et leur communication (outils de mises en relation, cabinet conseils…).