La leptospirose : cette maladie du rat bien présente

Les rongeurs font partie des mammifères les plus nombreux sur Terre et sont représentés par des centaines d’espèces. Nous en connaissons certaines d’entre elles qui vivent au contact de l’Homme ou dans son environnement direct. Nous connaissons très souvent bien ces dernières par les nombreux dégâts dont elles sont à l’origine, ayant un impact économique et psychologique. Cependant, la principale raison qui explique que nous régulons ces rongeurs depuis la nuit des temps, est bel et bien sanitaire. En effet, ces rongeurs sont de réels vecteurs de maladies infectieuses pouvant être parfois très graves pour l’Homme. Même si certains mouvements sociétaux tentent d’en minimiser l’importance par des approches totalement subjectives de protection de la biodiversité, la prolifération de rats (comme c’est le cas à Paris en 2019) et ragondins, fait courir un réel risque sanitaire à la population et les chiffres exposés dans cet article en sont un démonstrateur.

Les rongeurs sont notamment capables de contracter, développer et disséminer une maladie bactérienne en pleine recrudescence dans le Monde mais aussi en France métropolitaine : la leptospirose. Ces bactéries sont nommées « leptospires » (bactéries spiralées). C’est une zoonose dans la mesure où elle peut être transmise du mammifère à l’Homme (et inversement). Ces bactéries sont principalement stockées dans le rein des animaux contaminés puis dans leur urine. Une fois excrétées, elles contaminent son pelage puis l’environnement dans lequel il dépose ses urines. Cette bactérie peut ne pas provoquer de symptômes chez l’animal porteur malgré sa capacité à l’excréter dans l’environnement. Cette bactérie présente une survie étonnamment longue dans l’environnement (allant de la semaine à plusieurs mois) quand les conditions de chaleur et d’humidité sont réunies.

On dénombre plusieurs « formes » de cette bactérie (appelées « sérovars » ; + de 300 sérovars) dont certaines sont plus grave pour l’Homme que d’autres. On dénombre plus d’1 million de cas/an de leptospirose dans le monde pour une mortalité humaine pouvant aller au-delà de 10%, ce qui place cette zoonose parmi les plus mortelles. Le sérovar « icterohémorragique » est de loin le plus dangereux pour l’Homme, et c’est la forme prédominante en France. Il représente 1/3 des cas de leptospirose en France et 2/3 des cas graves d’hospitalisation. Le nombre de cas humains annuels en France a connu une forte augmentation depuis 2014 pour s’élever à plus de 600 de manière stable maintenant, ce qui représente la plus forte incidence de la maladie que nous ayons connu depuis 1980.

 

 

Cette bactérie est disséminée dans l’environnement par deux principales espèces de rongeurs : le rat brun (rattus norvegicus) et le ragondin (myocastor coypu). On trouve, dans le schéma de contamination, la possible intervention du rat noir et du rat musqué.

 

     

 

On peut donc entrer en contact avec cette bactérie en fréquentant des lieux dans lesquels ces rongeurs ont pu la disséminer par l’urine. Nul besoin de morsure ou de plaie, cette bactérie peut pénétrer dans l’organisme par les muqueuses ou une peau légèrement endommagée (port de bottes en été). Présence de rongeurs en milieu humide et températures printanières/estivales/automnales sont les deux seules conditions requises pour une survie optimale de la bactérie et une possible contamination.

Au regard de ces conditions de présence de la bactérie, les professions ou activités à risques sont facilement identifiables : opérations de dératisation, visite d’égouts et activités extérieures en lien avec le milieu d’eau douce (kayak, baignade…).

 

 

Après l’infection, l’incubation de la maladie dure entre 7 et 12 jours (allant de 2 à 30 jours), ce délai dépendant de la quantité de leptospires inoculée.  Chez l’Homme, les symptômes de la maladie sont ensuite très variables, allant d’un simple syndrome grippal à une atteinte multi-viscérale (ictère, insuffisance rénale, méningite…). Les symptômes ne sont donc pas très évocateurs et cette maladie est souvent identifiée tardivement. Les conséquences sur la santé peuvent être graves et irréversibles.

Pour se prémunir de cette maladie, il est avant tout important d’être informé des risques et des conditions de contamination, pour soi-même ou les salariés de son entreprise.

Il convient ensuite d’agir :

  // Dératiser systématiquement en cas de présence de rats dans l'environnement immédiat

// Piéger/faire piéger les ragondins/rats musqués d'une zone humide (espèces exotiques envahissantes)

  // Porter systématiquement ses EPI (Équipements de Protection Individuelles) en cas de contact possible avec de l’urine de rongeurs

  // Vaccination des personnes à risque (exposition récurrente) ; consultation du médecin du travail/préventeur du travail pour évaluer le besoin de vaccination

 

 

Ressources documentaires :
https://leptospirose-prevention.fr/