Quelle démarche pour une lutte efficace contre les rongeurs ?

Les rongeurs représentent une menace en terme de santé publique depuis des siècles. Les rongeurs sont capables de transmettre des maladies et la recrudescence actuelle du nombre de cas humains de leptospirose nous le rappelle (environ 700 cas humains en France en 2018, 1 millions de cas à l’échelle de la planète et une mortalité pouvant aller jusqu’à 13%). En dépit de cette réalité, une forte pression règlementaire est mise sur les produits de contrôle des rongeurs. Le récent classement toxicologique des anticoagulants (toxique pour la reproduction), l’interdiction récente de l’appâtage permanent (« permanent baiting ») en sont autant de démonstrateurs. Une question se pose : ce contexte règlementaire évolutif constitue-t-il une menace pour la profession 3D ou une opportunité ?

Aujourd'hui, l’accent est donc mis sur la nécessité de démontrer qu’il est nécessaire d’avoir recours à des appâts contenant une matière active anti-rongeur. Le travail du technicien 3D change. Hier focalisé sur des actions de lutte, il doit désormais être armé pour gérer et anticiper l’intrusion de rongeurs sur un site, proposer des mesures correctives au client et réaliser un monitoring régulier sur site (appâts placebo, caméras, pièges). 

C’est seulement dans ce contexte qu’une action de lutte ponctuelle peut être envisagée, la lutte ne représentant qu’une étape relative du processus de gestion intégrée des nuisibles (Integrated Pest Management).

Le métier de technicien 3D évolue selon 3 axe majeurs : 

// La formation au-delà des exigences règlementaires du Certibiocide (3 jours ne suffisent pas à être autonome sur le terrain)

// La mise en oeuvre de visites préalables sur site (et diagnostic) et de recommandations écrites au client (action correctives à mener : petits travaux, nettoyage, étanchéité)

// L'utilisation des bons appâts quand la lutte est nécessaire afin d'optimiser la balance efficacité/risques

 

 

Concernant les rongeurs, le métier s’intéresse surtout aux 3 espèces dites « commensales » qui vivent dans et autour de nos constructions et  qui consomment nos ressources alimentaires. Il s’agit en premier lieu du rat brun (Rattus norvegicus) vivant aussi bien en milieu urbain que dans les fermes, et s’installe en creusant des terriers. Le rat noir (Rattus rattus) est plutôt inféodé au milieu de stockage et transformation des céréales, il vit et niche en hauteur. 

Enfin la souris grise (Mus musculus domesticus) s’installe essentiellement en intérieur et s’accommode tout à fait bien de l’activité humaine, se cachant dans les cloisons et prospectant sa nourriture aux instants calmes.

 

 

// Dans la situation où une lutte doit être engagée car les rongeurs sont présents sur site, le travail du technicien va alors se focaliser sur 2 étapes :
Identifier la source alimentaire des rongeurs afin de mettre tout en œuvre pour rendre l’accès difficile à cette ressource et ainsi créer un stress alimentaire chez celui-ci (rebouchage, utilisation de mousse)

 

 

// Mise en place des appâts dans les postes d’appâtage, en complément de la mousse, pour réaliser le contrôle de la population. Dans ce contexte curatif, il est préférable d’utiliser  la pâte car cet appât, hautement appétent, est préféré par les rongeurs vis à vis du bloc (extrudé et encore moins coulé) dont la fonction est plutôt de durer dans le temps (un taux de paraffine plus élevé que la pâte). En cas de résistance avérée, on utilisera automatiquement une pâte contenant une matière active de fin de seconde génération comme la difethialone, le brodifacoum ou le flocoumafene, molécules pour lesquelles aucune résistance n’existe actuellement. Concernant les céréales, elles constituent une base alimentaire importante pour les rongeurs (notamment en milieu rural) mais sont dispersibles même utilisées dans un poste d’appâtage et leur utilisation doit donc être bannie sur certains sites comme en Industrie Agro-Alimentaire ou encore sur des sites où des intoxications d’autres animaux peuvent avoir lieu (animaux de compagnie, fermes)

 

 

 

Un enchaînement protocolaire pour une gestion efficace des rongeurs : 

// Formation préalable des techniciens (Certibiocides, formation technique, formation aux bonnes pratiques d'utilisation des biocides, EPI, sécurité, référentiels qualité)

// Visite préalable et intégrale du site

// Diagnostic de situation :

/// Préventif :

  • Mise en place d'un système de monitoring (placebo, camera, pièges)

/// Curatif :

  • Analyse du rongeur en place et du contexte sanitaire (diagnostic rongeur)
  • Mise sous pression alimentaire du rongeur (petits travaux, utilisation mousse)
  • En parallèle, mise en place des postes appâtages avec appâts de type pâte pour une consommation accélérée
  • Suivi régulier de l’activité de consommation et de l’efficacité (un suivi rapproché des postes la première semaine de traitement est essentiel à la réussite du contrôle des rongeurs)
  • Ramassage des cadavres de rongeur (pouvant être la source d’une contamination sanitaire ou l’origine d’une intoxication secondaire d’une espèce non cible)

// Mise en place d’un système de monitoring (placebo, cameras, pièges) pour anticiper et réagir rapidement à une future présence de rongeurs sur le site

 

 

Pour toutes questions, n'hésitez pas à contacter :
romain.lasseur@izinovation.com
renaud.paumelin@bayer.com

 

RACUMIN® FOAM
TP14 Rodenticide
n°AMM FR-2015-0025
Détenteur de l'AMM : Bayer S.A.S.
Contient : 0,4% (m/m) Coumatetralyl
Classement : Aérosols inflammables (cat. 1), Toxicité pour la reproduction (cat. 1B), Toxicité spécifique pour certains organes cibles - exposition répétée (cat. 2), Irritation oculaire (cat.2), Toxicité chronique pour le milieu aquatique (cat. 2) 


RODILON® PATE RB
TP14 Rodenticide
n°AMM FR-2012-0500
Détenteur de l'AMM : Liphatec
Contient : 25 mg/kg Difethialone
Classement : Toxicité spécifique pour certains organes cibles - exposition répétée (cat. 2), Toxicité chronique pour le milieu aquatique (cat. 3)