Le moustique est-il un parasite difficile à contrôler ?

Notre expert de la lutte contre les nuisibles répond à vos questions sur la lutte contre les moustiques.

Question 1 : « Que dois-je savoir avant de commencer le traitement anti-moustiques ? »

Les moustiques sont des insectes diptères qui sucent le sang d’hôtes et sont les principaux vecteurs de maladies. Ils se nourrissent de sang pour obtenir les protéines nécessaires à la production des œufs, et peuvent transmettre par la même occasion certaines  maladies à l’hôte comme la Dengue, le Chikungunya ou encore de façon plus répandue sous certaines latitudes, la Malaria. Ce sont donc principalement les femelles moustiques qui sont à l’origine des nuisances. Il est intéressant de noter qu’ils se nourrissent également du nectar des plantes pour obtenir l’énergie.

Les ailes d’un moustique adulte battent 200 à 300 fois par secondes, ce qui produit un long bruit aigu qui fait frissonner. Ils sont rapides et on les écoute souvent avant de les apercevoir. 

En général, un moustique a besoin d’eau pour achever son cycle de vie : La femelle pond dans ou à proximité de l’eau, et tous les stades larvaires se développent dans cet élément. Il peut s’agir des trous dans des souches d’arbres, mais aussi et surtout en zone péri-urbaine les endroits où de l’eau stagne : coupelles de pots de fleurs, avaloirs et siphons d’eau pluviales, fossés et drains, stockages de pneus, vides sanitaires inondés, etc…En zone rurale il peut s’agir aussi de zones marécageuses. Même les sources d’eau souterraines peuvent abriter de très grandes populations de moustiques. Certains œufs de moustiques peuvent se sécher complètement tout en restant viables pour une durée considérable en attendant l’humidité nécessaire pour achever le stade larvaire.

 Les gens ne font pas forcément de liens entre les larves et les moustiques qui les piquent, et donc entre les zones susceptibles d’être des gites larvaires et les infestations d’adultes. Au microscope, ils ne ressemblent pas du tout à leur forme adulte. En tant que professionnels de la lutte contre les nuisibles, il est de notre devoir de sensibiliser les clients. Il s’agit notamment de les aider à comprendre les différents stades du cycle de vie et à prendre les mesures nécessaires pour leur éradication, tout en nous assurant qu’ils comprennent les risques que posent les moustiques à la santé humaine. La lutte contre ce nuisible passe en effet par une prise de conscience que sa réussite dépend en prier lieu de la suppression physique des gites larvaires, et ensuite de l’éradication des adultes par voie physique, biologique ou chimique  

Les moustiques sont des insectes diptères qui sucent le sang et sont des  vecteurs de maladies importants.


Question 2 : Que dois-je rechercher lors de mon inspection ?

La réponse la plus simple est de chercher les points d’eau stagnante.

Il existe toujours autour des maisons d’habitation ou de commerce des zones d’accumulation d’humidité, ce qui crée un biotope larvaire adéquat :

  • Tuyaux d’évacuation bouchés, caniveaux, tuyaux de descente 
  • Vasques pour oiseaux 
  • Coupelles sous plantes en pot - y compris des plantes comme les broméliacées 
  • Jouets pour enfants 
  • Étangs de pisciculture et citernes d’eau 
  • Réservoirs d’eau 
  • Objets de stockage tels que pneus, seaux, tuyaux, etc.

La liste est longue, mais elle n’est pas exhaustive. Il peut aussi y avoir des sources internes comme des stations thermales non utilisées, des plantes, des viviers non entretenus, des drains de plancher, etc. La vidange de l’eau permet de détruire le site de reproduction, mais il est important de se demander comment la nappe d’eau s’est formée et si elle réapparaîtra après votre départ. Vous ne pouvez pas être là tous les jours pour la vidanger.

Question 3 : Quelle distance les moustiques adultes parcourent-ils depuis leur site de reproduction ?

Tout dépend de l’espèce ; par exemple, les moustiques adultes de l’espèce Aedes ont été identifiés en Bourgogne, à plus de 500 km des côtes. La portée de leur déplacement est influencée par les vents dominants bien que ce ne soit probablement pas la norme.

Une étude américaine sur 250 000 Culex tarsalis identifiés a indiqué que la plupart avaient été attrapés dans un rayon de plus de 3 km ; cependant, la grande majorité a été attrapée dans le sens du vent dans un rayon d'environ 15 km. Comme tous les insectes de petite taille, leur dispersion et leur survie peuvent dépendre de l’humidité, et ils meurent rapidement dans un environnement chaud et sec.

Les bâtiments situés près d’une zone de reproduction peuvent être envahis par des essaims de moustiques lorsque des vents dominants soufflent dans leur direction. Ces essaims peuvent survivre pendant de longues périodes dans l’humidité des jardins ombragés, voire se reproduire s'il y a de l'eau stagnante.

La vie est particulièrement difficile pour les propriétaires lorsqu’ils sont confrontés aux piqûres des espèces nuisibles. Harcelés à chaque fois qu’ils quittent leur maison, ils ont souvent recours à des spécialistes de la désinsectisation pour être soulagés.

Question 4 : Quelles sont les options de traitement dont dispose un professionnel de la lutte contre les nuisibles ?

Un traitement efficace dépend de la situation. Puisque les larves vivent dans l’eau, vous devez faire attention lorsque vous utilisez des insecticides. La majorité des produits chimiques disponibles ont des restrictions assez spécifiques lorsqu’ils sont utilisés en bordure des cours d’eau.

Les différents types de traitement disponibles sont :

• Les produits de pulvérisation spatiale, comme Aqua K-Othrine, sont conçus pour tuer les moustiques adultes en mouvement et sont très efficaces pour neutraliser un grand nombre de moustiques adultes sur de très grandes zones.

La  pulvérisation spatiale consiste à créer un nuage de fines gouttelettes de solution insecticide, de la taille de quelques dizaines de microns (15-30 microns). La caractéristique de ce type d’application est le fait qu’elle ne laisse aucun produit chimique résiduel une fois que le nuage s’est dispersé. Pour être efficace, ce type de traitement doit être réalisé  dans les périodes d’activité intense des insectes et de vent assez faible. L’éloignement du nuage d’insecticide de la zone cible peut entraîner un mauvais ciblage de la zone à traiter, une dilution rapide de la dose appliquée et éventuellement des effets néfastes sur les insectes non ciblés.

• Les barrières résiduelles déposent des substances actives sur la surface de repos pour tuer les moustiques voulant s’y poser. Les surfaces de traitement classiques sont : murs externes et internes, meubles, barrières, végétation, etc. Ils établissent efficacement une barrière ou une zone d’élimination entre une source majeure de reproduction et une zone résidentielle. Dans l’idéal, elles réduisent le nombre de moustiques à proximité des habitations, ce qui se traduit par moins de nuisance et de piqûres, et donc  un risque  de transmission de maladies beaucoup plus faible.

• L'imprégnation résiduelle utilise un produit chimique résiduel pour imprégner les vêtements, les tentes, les moustiquaires, etc., ce qui tue les moustiques qui atterrissent sur les matériaux traités. Les tissus sont trempés dans une émulsion chimique, puis ils sont séchés avant d’être utilisés. Une imprégnation en usine est également utilisée dans le traitement des moustiquaires.

• Les insectifuges à usage personnel sont des outils très efficaces pour la prévention des piqûres. Leur rôle est certes limité en ce qui concerne la lutte contre les moustiques, mais ils permettent d’éliminer le risque de piqûres. Veillez à ce que toutes les personnes impliquées dans le traitement anti-moustiques soient toujours protégées par des insectifuges personnels.

• Les moustiquaires jouent un rôle majeur dans la lutte contre les moustiques, notamment lorsqu’elles sont utilisées pour protéger les zones où les humains dorment. Lorsqu’ils sont en bon état, la plupart des moustiquaires modernes fournissent un contrôle efficace. Cependant, de petits insectes piqueurs comme les moucherons peuvent toujours traverser des mailles fines. Il faut savoir également qu’un seul petit trou dans la moustiquaire peut la  rendre inefficace.